Introduction : située au début du second tiers du film, la séquence offre un portrait saisissant et à multiples facettes du Président, incarné par Michel Bouquet. Elle est aussi, comme en miroir, un portrait du jeune journaliste (Jalil Lespert). Il y est, à de nombreux niveaux, question de la dualité. Structure de la séquence : Séquence en intérieur composée de 4 parties (arrivée d’Antoine, Antoine et le Président dans la salle de bain, puis dans le salon, Antoine seul dans la salle de bain). Au milieu de la séquence, premier climax (le malaise du Président), auquel répond le second climax, situé …
analyses
Chat noir chat blanc, Emir KUSTURICA, 1998
Introduction : première apparition de Dadi (petit chef de bande d’une communauté gitane qui vit de divers petits trafics au bord du Danube). Matko accueille Dadi comme un véritable messie, un “bienfaiteur”. Structure de la séquence : séquence nocturne séparée en 2 parties inégales : extérieur (l’arrivée de la voiture), et intérieur (partie elle-même scindée en deux avec l’arrivée de Matko). Ces deux espaces tendent à exprimer une opposition binaire simple, présente tout au long du film. Combinatoire des points de vue : il y a 7 ensembles de points de vue : sur Matko et Zare (fils de …
King Kong, Ernest B. SCHŒDSACK et Merian C. COOPER, 1933 (2)
Introduction : Séquence pivot (ou mieux : séquence charnière ), située à la moitié du film (à la 40ème minute d’un film qui en compte 100, pour être précis). Elle décrit le moment où Ann Darrow, incarnée par Fay Wray, seule femme de l’expédition (seule femme blanche du film), est offerte par les indigènes en sacrifice à leur dieu Kong. Deux entités sont ici confrontées, la tribu et l’héroïne, dans l’ombre gigantesque d’un mythe pour le moment absent, King Kong. C’est donc surtout la séquence qui précède la première apparition de Kong. C’est là sa valeur dramatique essentielle. Décors, musique et combinatoire des …
La Nouvelle Babylone, Grégory KOSINZEW et Léonid TRAUBERG, 1929
Courte introduction générale : Sur Babylone d’abord, qui représente symboliquement la société occidentale mercantile, décadente, déshumanisée et pervertie. La Bible en fait le symbole de la corruption et de la décadence. (cf. Wikipedia, et en particulier Le Mythe de la Tour de Babel). Sur la Commune de Paris ensuite, du 26 mars au 28 mai 1871 : insurrection prolétarienne (la première selon Karl Marx). Le 1er mars, les Allemands avaient défilé sur les Champs-Élysées. Les communards s’opposent au gouvernement d’Adolphe Thiers. Trauberg et Kosinzew ont fondé en 1921 la F.E.K.S (fabrique de l’acteur excentrique) : il s’agissait de ramener l’acteur au …
La Vie est un miracle, Emir KUSTURICA, 2004
Introduction : cette séquence clé intervient un peu avant la moitié du film. Atypique au regard du reste du film, elle en est pourtant une véritable charnière. Situation de la séquence dans le film : à l’échelle du film tout entier, la séquence a une fonction structurelle et narrative forte : elle est une charnière entre la paix et la guerre (c’est au cours de la scène précédente – la fête nocturne organisée par Luka et Jadranka pour le départ de leur fils – que nous apprenons que la guerre est déclarée). La séquence consacre aussi la dissolution de la famille (le …
Ascenseur pour l’échafaud, Louis MALLE, 1958
Pour accéder à l’extrait : mot de passe « analyse » Introduction : séquence finale en extérieur puis intérieur jour : dénouement qui voit le personnage incarné par Jeanne Moreau finalement confondu. C’est, dans tous les sens du terme, un moment de révélation. Structure : séquence de 4 mn organisée en trois parties; la première, très courte, c’est l’arrivée des deux protagonistes devant le motel, se dirigeant vers le laboratoire photographique; la seconde décrit l’arrestation de Louis (Georges Poujouly), et la troisième montre la confrontation entre Florence (Jeanne Moreau), l’inspecteur Chérier (Lino Ventura) et les photographies compromettantes. Cette dernière partie, …
Fenêtre sur cour, Alfred HITCHCOCK, 1954
Introduction : séquence initiale en extérieur jour ou séquence d’ouverture : ce dernier mot résonne directement avec le premier mouvement de caméra, un travelling avant avançant dans l’axe d’une fenêtre ouverte sur une cour (cf. titre du film). Structure simplifiée : extrait organisé en deux parties, deux mouvements circulaires de grue (dans le sens anti-horaire, sens contraire des aiguilles d’une montre) décrivant le décor de la cour intérieure (il s’agit d’un film tourné en studio). Ces deux mouvements se terminent, commencent ou sont articulés par quelques cadrages en très gros plans (James Stewart, sueur, thermomètre, photographies…). Le premier mouvement décrit …
Shining, Stanley KUBRICK, 1980
Introduction : séquence de montage alterné : le père (Jack Torrance, incarné par Jack Nicholson) dans l’hôtel, est littéralement désœuvré, tandis que la mère (Wendy, jouée par Shelley Duvall) et son fils Danny parcourent le labyrinthe à l’extérieur. Les deux ensembles de plans ainsi définis finissent par converger, en un centre mystérieux et inquiétant, habité par un être hors norme. Cette séquence, composée d’un nombre réduit de plans (9, le carton “Tuesday” qui la clôture constituant le début de la séquence suivante), est structurée comme une poursuite. Une alternance ABAB, avec un fondu enchaîné en plein centre, sur lequel nous …
Microcosmos, Claude NURIDSANY et Marie PERENNOU, 1995 (1)
Pour accéder à l’extrait : mot de passe « analyse » Introduction : séquence de repas : un faisan s’y délecte de fourmis noires. Comme toutes les séquences du film, elle fonctionne de façon autonome, véritable court-métrage dans le film. Cette séquence, nous allons le voir, relève d’une écriture (scénario, tournage, montage, mixage) reproduisant très clairement les canons de films de genre (films de monstre par exemple), et donc se démarquant très nettement de l’écriture traditionnelle du documentaire animalier. Le récit s’organise de façon très basique, et la structure de l’extrait assoit son autonomie. Cerné par des couples de plans …
Le Seigneur des Anneaux 2, Peter JACKSON, 2002
Pour accéder à l’extrait : mot de passe « analyse » Introduction : séquence en “extérieur” nuit. Une fois de plus, cette séquence, si elle est sensée se dérouler la nuit, au milieu d’une petite clairière baignée par la lumière lunaire, n’a, à plus d’un titre d’ailleurs, (presque) rien de naturel. Paradoxalement, c’est ici le personnage de Gollum qui semble le plus naturel, et pour cause, nous le verrons. La structure de cet extrait est des plus simples : après une ouverture sur les deux héros endormis, le poing de Frodon (Elijah Wood) serré sur l’anneau, un travelling arrière permettra …